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Un an ou trois mois et trois semaines

Oui, elles sont nées le 19 novembre dernier, à 38 sa+3 par déclenchement avec 2 jours et demi de pré travail et de travail! Le tout se finissant en césarienne quand la première à naître s’est tournée dans les deux dernières heures en présentant l’épaule. Cela reste un très bon souvenir, les incroyables équipes de Trousseau y étant pour beaucoup. Mes bébés allaient bien et continuent de pousser comme des charmes, me ravissent… c est bizarre à dire mais elles me plaisent, je les aime parce qu’elles sont mes cadeaux de la vie et le fruit d une folle bataille mais aussi parce qu’elles sont deux super poulettes. Des personnalités qui m’ont conquise (si, si, déjà), pas de coliques, des nuits à deux mois, des sourires à qui mieux mieux, peu de pleurs, elles nous facilitent la vie… les ennuis ont été de mon côté, avec trois mastites infectieuses au bout d’un mois. J’ai vécu 6 semaines dantesques, dormant au plus 1h30-2h d’affilée, souffrant le martyr (j’avais pourtant un bon référentiel en la matière), je ne pouvais plus les tenir ou les soulever, juste crier et pleurer puis me demander si ça irait mieux un jour. Un partie du traitement constituait à tirer mon lait, je me sentais prisonnière de l’allaitement. Je remonte la pente depuis février et malgré la trouille que ça recommence, je continue l’allaitement cahin-caha. Je sais que j ai l air de me plaindre alors que j ai l essentiel, je ne le perds jamais de vue mais à ma grande surprise, je ne pense pas non stop à la chance incroyable que j ai eue pour minimiser tous les autres événements désagréables. Pas non stop, juste 10 fois par jour quand mon compagnon ne me le rappelle pas…

Le manque de temps (euphémisme), la fatigue et le vol de mon portable avec un article quasi écrit (et donc perdu) ont rendu difficile l’annonce que je voulais vous faire mais aussi les connections à wp… en speed néanmoins ce soir loin de ce que je voulais écrire pour vous remercier d’avoir pris des nouvelles, m’excuser de ne pas en avoir donné et marquer cette date: le 9 mars est à tout jamais la date de conception de mes filles. Pas une fécondation de plus, non, le début de la vie de deux petites personnes très importantes. 

Je pense à vous et vous lis quand je peux… mes filles sont issues d’un don d’ovocytes (j’ai lu avec tristesse et un peu de révolte aussi les sentences de personnes qui voient le monde en blanc et noir), je ne pourrai jamais oublier notre parcours. 

Je rejoins les propos de tant d’autres avant moi et j’espère encore tant d’autres à venir: je sais avec certitude désormais tout le bien-fondé de mes choix et des épreuves qu’il a fallu passer. Je vous souhaite des bonheurs plus simples à obtenir mais tout aussi intenses…

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Des nouvelles – fin de grossesse

Bientôt 8 mois que je suis embarquée dans cette transition de vie et disons-le tout de suite: je n ai jamais été aussi heureuse. Passé le décollement placentaire du début, je n’ai plus eu de souci jusqu’à hier où on a détecté une maladie auto-immune, sans gravité dans mon cas, qui se calmera avec l’accouchement dans… 3 semaines. Car qui dit grossesse gémellaire dit aussi terme à 38 sa+5 jours dans ma mater de l’AP-HP… ainsi qu’un accouchement au bloc (à 17 degrés rappelons-le), officiellement pour mieux accueillir l’équipe de 8-10 personnes qui se tient prête. Donc on emmènera mes bébés immédiatement après me les avoir montrés. Alors que je ne rêve que de les tenir contre moi, enfin…

Même à ce terme avancé avec… deux filles (!!!! Mon compagnon avait deux garçons et m’avait assuré qu’on aurait des garçons comme tout le reste de sa famille) qui bougent bcp pour mon plus grand bonheur depuis bien longtemps, je ne suis toujours pas sûre d’avoir pleinement cheminé jusqu’à la prise de conscience de la maternité. À la fois, j ai le poil qui se hérisse quand j’entends « future mère ou futurs parents » (je me sens mère depuis bien longtemps et même depuis la pma), et j ai du mal à connecter les formes incroyables qui traversent mon ventre avec la réalité d’un fœtus qui va naître. Mon compagnon qui passe pourtant une partie de notre temps les mains sur mon ventre est comme moi. 

Sans penser qu’il puisse arriver qq ch de mauvais à mes filles, j ai eu quelques rappels que la vie est aussi une grosse chienne et pas qu’une parenthèse enchantée de 8 mois après 5 ou 6 ans de souffrance. Un cousin chéri qui décède (sans pouvoir me rendre à son enterrement), une tante qui avec la complicité de mes parents me cache son cancer du sein très agressif, mon chat qui passe à deux doigts de mourir, et dans un autre registre, un cambriolage de notre appart pendant notre sommeil et le grand stress pendant une heure que ma chatte (oui j’ai deux chats) se soit fait la malle par la fenêtre fracturée. 

Je m’estime si chanceuse et je suis si heureuse que parfois j’ai une montée de trouille sur la fragilité de tout ca. J ai peur de devoir « passer à la caisse » pour payer ce qui m’arrive de bien. Oui je compte rendre une petite visite à ma psy pour essayer d’évacuer ce sentiment débile et sournois. D’une part, on pourrait dire que j ai « pré-payé », d’autre part, la pma m’a bien appris à quel point rien n’est juste ou injuste. Les histoires ne finissent pas toujours bien et le bonheur, cet état fugace par essence, est fugitif, un équilibre à chercher sans cesse. 

Ca va faire un mois que je ne travaille plus, j’ai eu du mal à tenir aussi tard, et que je bosse à achever la transformation de mon appart: trier, vider, ranger. Évacuer le passé. Brûler l’essentiel du dossier pma quitte à provoquer une frayeur chez les ouvriers d’un chantier de l’immeuble. Même avec l’arrêt du taf, je continue de me sentir débordée par l’ampleur de la tâche mais depuis que les lits sont installés, et hier soir la valise bouclée, j ai l’esprit tout à fait tranquille. 

J ai été saisie de constater à quel point une grossesse file, après des années de traitement et de tentatives, je compte désormais en semaines. Étrange! Et les 3 premiers mois passés, on est rentrés dans l’été et sa délicieuse inertie (impossible de lancer les travaux ou autres joyeusetés). Au final, une cadence soutenue tout du long, pour le boulot mais aussi pour cette fameuse transformation de l’appartement et celle de la chambre remplie à ras bord pour faire oublier qu’elle était vide. 

Le temps continue de se rétrécir, j’en suis maintenant au jour le jour car tout peut arriver. Mais je souhaite tant qu’elles soient « grosses », qu’elles aient la force de téter… je n’ai plus d’idées arrêtées sur comment m’en occuper et les nourrir depuis que je sais qu’elles sont deux, je n’ai que des souhaits qui orienteront nos choix, mais le tout s adaptera à ce qu on pourra faire, à quels petits êtres elles seront… je n en suis pas encore à cette étape pourtant proche, je continue de chérir la grossesse, mon ventre habité qui ne cesse plus de grossir et qui ne me paraît pas si lourd, moi qui imaginais le ou les derniers mois comme un calvaire. Ni mal au dos, ni genoux esquintés (ma grande crainte avec la prise de poids annoncée), je vous le dis, jusque là, j’ai eu beaucoup de chance. J’en espère encore pour leur venue au monde et même silencieuse ou discrète ces derniers mois, je vous en souhaite à toutes… 

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3e mois – la levée du secret

Voilà exactement deux semaines que j’ai eu l’écho des 12 sa.

Un vrai tournant pour moi :
– le décollement s’était enfin résorbé, déjà un peu avant l’écho je n’avais plus de pertes et je commençais à respirer,
– cela correspondait à la fin de tous les traitements puisque j’étais sous traitement hormonal substitutif,
– l’arrondi de mon ventre était pour moi la meilleure preuve (en dehors de l’écho!) que les choses évoluaient bien,
– je m’étais plus ou moins conditionnée à attendre 3 vrais mois et pas 12 semaines d’aménorrhée avant de me considérer comme sortie de la zone de à risques, mais mon compagnon a interrogé le médecin à ce sujet qui a balayé d’un revers de main les inquiétudes que je pouvais avoir,
– après cette écho, nous avons passé les deux dernières semaines à annoncer à tout notre entourage l’incroyable nouvelle avec parfois des réactions à pleurer d’émotion
– je m’émerveillais déjà lors des échos d’avril (peut-être pas celle des urgences même si elle avait fini par être rassurante), cette fois on a basculé dans un autre monde. Celui du bébé miniature.

Et même des bébés miniatures. Deux petites vies qui battent et grandissent dans mon ventre. Moi qui n’ai jamais rêvé d’avoir des jumeaux (il y en a plusieurs dans ma famille, ma collègue la plus proche en a), je considérais que c’était un aléa envisageable en PMA, pas loin d’une tuile. Par deux fois j’ai eu 3 embryons transférés. La 2e fois, on parle de 3 blastocystes. Et rien. Après une opération de mon compagnon et l’abandon de mes gamètes, deux embryons pour se donner un peu plus de chances et hop, les deux s’implantent. Impensable… mais merveilleux.
A l’écho début avril, nous avons eu confirmation de ce que mes taux élevés cachaient. Mais le médecin (celle qui n’y va jamais par 4 chemins) m’a mise en garde en me disant de ne pas l’annoncer avant l’écho suivante à la fin du mois « Il arrive régulièrement q’un des deux s’arrête ». Nous étions donc en sursis. Il n’est pas naturel de se dire qu’avoir un bébé c’est déjà formidable quand on en a vu deux. J’ai considéré ça comme un effort intellectuel nécessaire mais mes tripes criaient tout autre chose.
L’écho de fin avril a fini par arriver. Le suspense a pris fin : le docteur a pris (une minute) une éternité pour écouter le premier cœur avant de chercher le deuxième… qui battait aussi, ô miracle. Je saignais avant et ça a continué pendant 8-10 jours après, donc malgré les mots rassurants du médecin, je ne me relâchais pas encore. Il aura  fallu l’écho des 12 sa. Et cette fois j’ai demandé immédiatement qu’elle me dise si les deux cœurs battaient bien. Puis l’incroyable : deux bébés qui gigotent, dont on peut même compter les doigts…

Je ne sais pas ce qui m’attend, je sais que tout peut arriver, le pire comme le meilleur. Cette grossesse devrait être la seule de ma vie, je ne voudrais pas arriver au bout, que tout ce soit bien passé mais que mes craintes aient dominé et gâché ce moment unique, alors j’envoie valdinguer les pensées vicieuses qui me passent par la tête et je reste sur la conclusion de mon dernier post. Tant que rien ne me tombe dessus, je célèbre chaque jour mon bonheur, je l’ai attendu 6 ans et j’ai cru ne jamais réussir à l’attraper, c’est mon bien le plus précieux et je savoure. Bref, je ne suis plus « foncièrement heureuse« , je suis incroyablement heureuse.

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L’autre attente

Presque un mois plus tard donc. Après une certaine stupéfaction et l’impression d’avoir décroché la Lune, il y a eu de l’émerveillement, la prudence de mon compagnon que je trouvais à la fois touchant et rabat-joie, un grand sentiment de liberté à oser passer dans des endroits autrefois douloureux, la liberté de rêver sans la contrepartie du pincement au cœur (et si ça ne marche jamais?)… Je pourrais passer des heures à parler de ce cheminement étrange parce que nouveau et qui me semblait interdit. Tout ça pour dire que oui, je suis foncièrement heureuse.
Et non, ça ne sauve pas de la trouille. Lire la suite

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Tic-tac

Prague-horloge

7 jours depuis le transfert… mais ne pas compter les jours jusqu’à la prochaine échéance.

Dormir 5h30 par nuit. Faire des siestes pour récupérer. Dormir 7h par nuit, déculpabiliser du manque de sommeil peut-être dommageable.

Bip bip : c’est l’heure du proges-tan, souvent. Rester allongée 10 mn. Lire la suite