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Le jour d’après 

Du sang et des larmes, parce que rien n’est simple, la sensation physique de ce qui s’échappe, qu’on expulse alors qu’on aurait voulu être un cocon protecteur, et en écho le moral qui chavire, balayant les doutes et l’ambivalence parce qu’il y a un temps pour tout, maintenant celui de la perte et du deuil. 

Cette grossesse était miraculeuse et donc particulière, sa fin à presque 10 sa est d’une grande banalité, je n’en ai été que plus surprise par la violence physique et mentale du flux. Tant de femmes qui vivent cela, on pourrait croire que ce n’est pas grand chose, des grosses règles en somme, on en est loin. Pourtant j’ai accouché. Mais je n’ai pas connu ces « expulsions ». Les femmes sont des héroïnes modestes. 

J’ai pleuré hier, je suis triste, la fausse couche continue, je suis malade également, je tousse depuis hier au point que le médecin m’a prescrit de la ventoline. Je suis aussi happée par ma fille déjà sous antibio, dont la fièvre monte à 40 sans réel soulagement avec du doliprane. J’ai les ennuis dont j’ai rêvé et quelques autres. 

Je suis désormais convaincue que je dois aller au bout de moi-même, comprendre si ce possible enfant était plus important du fait d’être génétiquement mien. L’idée de prendre une contraception m’est odieuse (l’expérience de celles qui sont passées par là m’intéresse). Je suis larguée… 

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DNLP est vicieuse

Dans quelques heures mes filles auront un an, 12 mois que je les ai mises au monde, mon anniversaire à moi aussi… il y a 12 mois j’étais enceinte, je le suis à nouveau. De 8 sa, de quoi voir que l’embryon n’est pas peut-être pas viable. Peut-être. Contrôle dans 3 semaines si rien n’est arrivé entretemps. J’aurais 43 ans dans moins d’un mois, ceci n’a donc rien d’une surprise. Ce qui l’est en revanche, c’est que je sois « en cloque » sans être allée en Tchéquie, sans hormones, sans les ovocytes d’une donneuse. Celui-là a été conçu dans l’intimité de notre chambre, juste à deux. Le romantisme ultime dont on a si longtemps rêvé, qui vient quand on ne l’a pas désiré. Quelle ironie! À quoi bon décider, vouloir, diriger? La vie se joue de nous. Pour autant, nous sommes heureux de ce cadeau tardif et miraculeux.

Reste à savoir ce que DNLP me réserve, fausse couche tardive, diagnostic de trisomie à 13 sa avec IMG une fois les vacances passées? Le tournant de l’année reste ma bête noire. Trop de mauvais souvenirs, une période si difficile à passer…

Reste l’inconnu, la possibilité même moindre d’un bébé en bonne santé qui se développe. 11 mois après ses sœurs. Sans une thune pour assurer un congé maternité de free-lance, avec deux bébés qui ne marchent pas encore et une poussette double que je soulève sur plusieurs marches chaque jour. Tout à revoir dans nos vies, appart et voiture. Mais sans que je gagne à nouveau ma vie correctement. J’ai du mal à voir au-delà des difficultés d’une grossesse, de l’impossibilité de rester allongée ou de me reposer dans ma vie actuelle. De ce que ça enlèverait à mes filles. Je panique puis je me dis que ça ira. L’incroyable cadeau que ça pourrait être car si l’on passe toutes ces étapes, ce bébé on l’aimerait comme des fous… peut-être même autant que mes filles? 😉

Je ne désire rien, je ne veux pas souffrir, j’attends comme j’ai si souvent attendu, mais cette fois je suis déjà heureuse et la tête dans le guidon entre mes jumelles et mon boulot.

Et à chaque remarque du type « ça arrive plus souvent qu’on ne croit », je réponds inlassablement « un couple sur trois ne parvient pas à avoir d’enfant avec la pma, et j’en ferais partie sans le don d’ovocytes à l’étranger ». DNLP a plus d’un tour dans son sac…

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Le don d’ovocytes et l’allaitement 

Une des infos qui m’a réconcilié avec le don d’ovocytes c’est la possibilité que mes filles prennent quelques uns de mes gènes une fois fixées sur mon endomètre. Il m’importait de savoir qu’en les portant je transmettais non seulement mon amour, mon vecu de grossesse, mais aussi mon sang et peut-être quelques uns de ces fameux gènes. C’est dire que la question du don plane toujours. Les deux embryons qui m’ont été transférés sont devenus miens car nous nous sommes adoptés mutuellement. Il a été prouvé qu’un bébé à patrimoine génétique identique sera différent selon le ventre dans lequel il grandit. 

Peut-être ai-je eu besoin de pousser le raisonnement un peu plus loin en allaitant mes filles, ce qui m’a permis de faire perdurer le lien une fois sorties de mon ventre, mais aussi de continuer à les « nourrir de moi ». Ma sœur qui n’a pas eu mes problèmes et a longtemps allaité m’a dit qu’elle avait voulu donner d’elle à son fils dans un contexte difficile entre elle et le père (il a menacé de kidnapper l’enfant et de lui trouver une nouvelle mère). Pourquoi serais-je différente d’une femme qui a conçu son embryon?

La transmission a toujours eu une grande place dans ma volonté de devenir mère je sais aujourd’hui que la transmission n’est pas qu’intellectuelle. 

Ce qui est plus troublant dans mon cas c’est que l’allaitement est devenu une bagarre, psychologiquement et physiquement douloureuse. Un peu comme une continuité de la PMA, comme si la facilité n’était pas une option dans ma vie. Mais la différence c’est que cette fois j’ai choisi. Ce choix a été lourd de conséquences, comme je l’ai mentionné dans un autre article, j’ai eu plusieurs mastites infectieuses et pendant plusieurs semaines je ne pouvais même pas porter mes filles tant je souffrais. J’ai été mentalement absente. J’ai eu des engorgements, des canaux lactifères bloqués quotidiennement pendant des mois après les infections. J’en suis venue à dire à ma sage-femme que j’avais l’impression d’avoir un revolver sur la tempe tant chaque palpation ou douleurs révélaient un nouveau problème que j’allais tenter de régler avant qu’il ne dégénère. Ça a duré presque jusqu’au cinquième mois, puis… l’eden. Plus aucun problème, ça roule depuis et j’ai enfin connu les avantages sans les inconvénients. Enfin pas tout à fait puisque je n’ai pas assez de lait et elles sont en mixte. Pour moi, les atouts, sans évoquer la question du lait humain versus maternisé, le nomadisme sans attirail, un contact qui calme et rassure super utile en cas de crise, maladie, gamelle, la possibilité inestimable de se rendormir la nuit une fois l’enfant au sein, l’aider à s’endormir d’ailleurs, même si ça c’est à double tranchant (que ça ne devienne pas systématique)…

 Je traîne cet article depuis des mois, le temps m’échappe entre le boulot et mes filles qui passent désormais les matinees-midis à la crèche après une adaptation épique en pleine période d’angoisse de la séparation… Elles dorment vers 21h, ce qui nous laisse un tout petit peu de temps à deux ou pour soi. On sort donc un peu la tête de l’eau. Elles sont désormais suffisamment autonomes pour que ça soit plus faciles, je suis passée du stress et de la survie au plaisir, au ravissement. Un premier tournant vers 5 mois quand l’allaitement est devenu simple et un deuxième vers 9 mois. J’ai toujours conscience de ma chance incroyable surtout dans les moments difficiles.

J’ai souvent essayé de m’accommoder de la vie possible sans enfant, tout en essayant si fort d’en avoir. Alors ma vie d’aujourd’hui reste un cadeau incroyable, stupéfiant. Et oui j’ai eu de la chance, mais je me remercie également de m’être entêtée, d’avoir subi et enduré pendant tant d’années sans renoncer. Renoncer ou reconnaître que la limite a été atteinte, ça a été mon dilemme, je n’en pense que davantage à celles qui n’ont pas ma chance. 

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Un an ou trois mois et trois semaines

Oui, elles sont nées le 19 novembre dernier, à 38 sa+3 par déclenchement avec 2 jours et demi de pré travail et de travail! Le tout se finissant en césarienne quand la première à naître s’est tournée dans les deux dernières heures en présentant l’épaule. Cela reste un très bon souvenir, les incroyables équipes de Trousseau y étant pour beaucoup. Mes bébés allaient bien et continuent de pousser comme des charmes, me ravissent… c est bizarre à dire mais elles me plaisent, je les aime parce qu’elles sont mes cadeaux de la vie et le fruit d une folle bataille mais aussi parce qu’elles sont deux super poulettes. Des personnalités qui m’ont conquise (si, si, déjà), pas de coliques, des nuits à deux mois, des sourires à qui mieux mieux, peu de pleurs, elles nous facilitent la vie… les ennuis ont été de mon côté, avec trois mastites infectieuses au bout d’un mois. J’ai vécu 6 semaines dantesques, dormant au plus 1h30-2h d’affilée, souffrant le martyr (j’avais pourtant un bon référentiel en la matière), je ne pouvais plus les tenir ou les soulever, juste crier et pleurer puis me demander si ça irait mieux un jour. Un partie du traitement constituait à tirer mon lait, je me sentais prisonnière de l’allaitement. Je remonte la pente depuis février et malgré la trouille que ça recommence, je continue l’allaitement cahin-caha. Je sais que j ai l air de me plaindre alors que j ai l essentiel, je ne le perds jamais de vue mais à ma grande surprise, je ne pense pas non stop à la chance incroyable que j ai eue pour minimiser tous les autres événements désagréables. Pas non stop, juste 10 fois par jour quand mon compagnon ne me le rappelle pas…

Le manque de temps (euphémisme), la fatigue et le vol de mon portable avec un article quasi écrit (et donc perdu) ont rendu difficile l’annonce que je voulais vous faire mais aussi les connections à wp… en speed néanmoins ce soir loin de ce que je voulais écrire pour vous remercier d’avoir pris des nouvelles, m’excuser de ne pas en avoir donné et marquer cette date: le 9 mars est à tout jamais la date de conception de mes filles. Pas une fécondation de plus, non, le début de la vie de deux petites personnes très importantes. 

Je pense à vous et vous lis quand je peux… mes filles sont issues d’un don d’ovocytes (j’ai lu avec tristesse et un peu de révolte aussi les sentences de personnes qui voient le monde en blanc et noir), je ne pourrai jamais oublier notre parcours. 

Je rejoins les propos de tant d’autres avant moi et j’espère encore tant d’autres à venir: je sais avec certitude désormais tout le bien-fondé de mes choix et des épreuves qu’il a fallu passer. Je vous souhaite des bonheurs plus simples à obtenir mais tout aussi intenses…

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Des nouvelles – fin de grossesse

Bientôt 8 mois que je suis embarquée dans cette transition de vie et disons-le tout de suite: je n ai jamais été aussi heureuse. Passé le décollement placentaire du début, je n’ai plus eu de souci jusqu’à hier où on a détecté une maladie auto-immune, sans gravité dans mon cas, qui se calmera avec l’accouchement dans… 3 semaines. Car qui dit grossesse gémellaire dit aussi terme à 38 sa+5 jours dans ma mater de l’AP-HP… ainsi qu’un accouchement au bloc (à 17 degrés rappelons-le), officiellement pour mieux accueillir l’équipe de 8-10 personnes qui se tient prête. Donc on emmènera mes bébés immédiatement après me les avoir montrés. Alors que je ne rêve que de les tenir contre moi, enfin…

Même à ce terme avancé avec… deux filles (!!!! Mon compagnon avait deux garçons et m’avait assuré qu’on aurait des garçons comme tout le reste de sa famille) qui bougent bcp pour mon plus grand bonheur depuis bien longtemps, je ne suis toujours pas sûre d’avoir pleinement cheminé jusqu’à la prise de conscience de la maternité. À la fois, j ai le poil qui se hérisse quand j’entends « future mère ou futurs parents » (je me sens mère depuis bien longtemps et même depuis la pma), et j ai du mal à connecter les formes incroyables qui traversent mon ventre avec la réalité d’un fœtus qui va naître. Mon compagnon qui passe pourtant une partie de notre temps les mains sur mon ventre est comme moi. 

Sans penser qu’il puisse arriver qq ch de mauvais à mes filles, j ai eu quelques rappels que la vie est aussi une grosse chienne et pas qu’une parenthèse enchantée de 8 mois après 5 ou 6 ans de souffrance. Un cousin chéri qui décède (sans pouvoir me rendre à son enterrement), une tante qui avec la complicité de mes parents me cache son cancer du sein très agressif, mon chat qui passe à deux doigts de mourir, et dans un autre registre, un cambriolage de notre appart pendant notre sommeil et le grand stress pendant une heure que ma chatte (oui j’ai deux chats) se soit fait la malle par la fenêtre fracturée. 

Je m’estime si chanceuse et je suis si heureuse que parfois j’ai une montée de trouille sur la fragilité de tout ca. J ai peur de devoir « passer à la caisse » pour payer ce qui m’arrive de bien. Oui je compte rendre une petite visite à ma psy pour essayer d’évacuer ce sentiment débile et sournois. D’une part, on pourrait dire que j ai « pré-payé », d’autre part, la pma m’a bien appris à quel point rien n’est juste ou injuste. Les histoires ne finissent pas toujours bien et le bonheur, cet état fugace par essence, est fugitif, un équilibre à chercher sans cesse. 

Ca va faire un mois que je ne travaille plus, j’ai eu du mal à tenir aussi tard, et que je bosse à achever la transformation de mon appart: trier, vider, ranger. Évacuer le passé. Brûler l’essentiel du dossier pma quitte à provoquer une frayeur chez les ouvriers d’un chantier de l’immeuble. Même avec l’arrêt du taf, je continue de me sentir débordée par l’ampleur de la tâche mais depuis que les lits sont installés, et hier soir la valise bouclée, j ai l’esprit tout à fait tranquille. 

J ai été saisie de constater à quel point une grossesse file, après des années de traitement et de tentatives, je compte désormais en semaines. Étrange! Et les 3 premiers mois passés, on est rentrés dans l’été et sa délicieuse inertie (impossible de lancer les travaux ou autres joyeusetés). Au final, une cadence soutenue tout du long, pour le boulot mais aussi pour cette fameuse transformation de l’appartement et celle de la chambre remplie à ras bord pour faire oublier qu’elle était vide. 

Le temps continue de se rétrécir, j’en suis maintenant au jour le jour car tout peut arriver. Mais je souhaite tant qu’elles soient « grosses », qu’elles aient la force de téter… je n’ai plus d’idées arrêtées sur comment m’en occuper et les nourrir depuis que je sais qu’elles sont deux, je n’ai que des souhaits qui orienteront nos choix, mais le tout s adaptera à ce qu on pourra faire, à quels petits êtres elles seront… je n en suis pas encore à cette étape pourtant proche, je continue de chérir la grossesse, mon ventre habité qui ne cesse plus de grossir et qui ne me paraît pas si lourd, moi qui imaginais le ou les derniers mois comme un calvaire. Ni mal au dos, ni genoux esquintés (ma grande crainte avec la prise de poids annoncée), je vous le dis, jusque là, j’ai eu beaucoup de chance. J’en espère encore pour leur venue au monde et même silencieuse ou discrète ces derniers mois, je vous en souhaite à toutes… 

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3e mois – la levée du secret

Voilà exactement deux semaines que j’ai eu l’écho des 12 sa.

Un vrai tournant pour moi :
– le décollement s’était enfin résorbé, déjà un peu avant l’écho je n’avais plus de pertes et je commençais à respirer,
– cela correspondait à la fin de tous les traitements puisque j’étais sous traitement hormonal substitutif,
– l’arrondi de mon ventre était pour moi la meilleure preuve (en dehors de l’écho!) que les choses évoluaient bien,
– je m’étais plus ou moins conditionnée à attendre 3 vrais mois et pas 12 semaines d’aménorrhée avant de me considérer comme sortie de la zone de à risques, mais mon compagnon a interrogé le médecin à ce sujet qui a balayé d’un revers de main les inquiétudes que je pouvais avoir,
– après cette écho, nous avons passé les deux dernières semaines à annoncer à tout notre entourage l’incroyable nouvelle avec parfois des réactions à pleurer d’émotion
– je m’émerveillais déjà lors des échos d’avril (peut-être pas celle des urgences même si elle avait fini par être rassurante), cette fois on a basculé dans un autre monde. Celui du bébé miniature.

Et même des bébés miniatures. Deux petites vies qui battent et grandissent dans mon ventre. Moi qui n’ai jamais rêvé d’avoir des jumeaux (il y en a plusieurs dans ma famille, ma collègue la plus proche en a), je considérais que c’était un aléa envisageable en PMA, pas loin d’une tuile. Par deux fois j’ai eu 3 embryons transférés. La 2e fois, on parle de 3 blastocystes. Et rien. Après une opération de mon compagnon et l’abandon de mes gamètes, deux embryons pour se donner un peu plus de chances et hop, les deux s’implantent. Impensable… mais merveilleux.
A l’écho début avril, nous avons eu confirmation de ce que mes taux élevés cachaient. Mais le médecin (celle qui n’y va jamais par 4 chemins) m’a mise en garde en me disant de ne pas l’annoncer avant l’écho suivante à la fin du mois « Il arrive régulièrement q’un des deux s’arrête ». Nous étions donc en sursis. Il n’est pas naturel de se dire qu’avoir un bébé c’est déjà formidable quand on en a vu deux. J’ai considéré ça comme un effort intellectuel nécessaire mais mes tripes criaient tout autre chose.
L’écho de fin avril a fini par arriver. Le suspense a pris fin : le docteur a pris (une minute) une éternité pour écouter le premier cœur avant de chercher le deuxième… qui battait aussi, ô miracle. Je saignais avant et ça a continué pendant 8-10 jours après, donc malgré les mots rassurants du médecin, je ne me relâchais pas encore. Il aura  fallu l’écho des 12 sa. Et cette fois j’ai demandé immédiatement qu’elle me dise si les deux cœurs battaient bien. Puis l’incroyable : deux bébés qui gigotent, dont on peut même compter les doigts…

Je ne sais pas ce qui m’attend, je sais que tout peut arriver, le pire comme le meilleur. Cette grossesse devrait être la seule de ma vie, je ne voudrais pas arriver au bout, que tout ce soit bien passé mais que mes craintes aient dominé et gâché ce moment unique, alors j’envoie valdinguer les pensées vicieuses qui me passent par la tête et je reste sur la conclusion de mon dernier post. Tant que rien ne me tombe dessus, je célèbre chaque jour mon bonheur, je l’ai attendu 6 ans et j’ai cru ne jamais réussir à l’attraper, c’est mon bien le plus précieux et je savoure. Bref, je ne suis plus « foncièrement heureuse« , je suis incroyablement heureuse.

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L’autre attente

Presque un mois plus tard donc. Après une certaine stupéfaction et l’impression d’avoir décroché la Lune, il y a eu de l’émerveillement, la prudence de mon compagnon que je trouvais à la fois touchant et rabat-joie, un grand sentiment de liberté à oser passer dans des endroits autrefois douloureux, la liberté de rêver sans la contrepartie du pincement au cœur (et si ça ne marche jamais?)… Je pourrais passer des heures à parler de ce cheminement étrange parce que nouveau et qui me semblait interdit. Tout ça pour dire que oui, je suis foncièrement heureuse.
Et non, ça ne sauve pas de la trouille. Lire la suite