Le jour d’après 

Du sang et des larmes, parce que rien n’est simple, la sensation physique de ce qui s’échappe, qu’on expulse alors qu’on aurait voulu être un cocon protecteur, et en écho le moral qui chavire, balayant les doutes et l’ambivalence parce qu’il y a un temps pour tout, maintenant celui de la perte et du deuil. 

Cette grossesse était miraculeuse et donc particulière, sa fin à presque 10 sa est d’une grande banalité, je n’en ai été que plus surprise par la violence physique et mentale du flux. Tant de femmes qui vivent cela, on pourrait croire que ce n’est pas grand chose, des grosses règles en somme, on en est loin. Pourtant j’ai accouché. Mais je n’ai pas connu ces « expulsions ». Les femmes sont des héroïnes modestes. 

J’ai pleuré hier, je suis triste, la fausse couche continue, je suis malade également, je tousse depuis hier au point que le médecin m’a prescrit de la ventoline. Je suis aussi happée par ma fille déjà sous antibio, dont la fièvre monte à 40 sans réel soulagement avec du doliprane. J’ai les ennuis dont j’ai rêvé et quelques autres. 

Je suis désormais convaincue que je dois aller au bout de moi-même, comprendre si ce possible enfant était plus important du fait d’être génétiquement mien. L’idée de prendre une contraception m’est odieuse (l’expérience de celles qui sont passées par là m’intéresse). Je suis larguée… 

Publicités

49 réflexions sur “Le jour d’après 

  1. Oh zut, je suis désolée d’apprendre cette nouvelle… quand bien même tes sentiments étaient ambivalents…
    Je vous souhaite beaucoup de courage dans cette épreuve, tache de bien prendre soin de toi, on a souvent tendance à s’oublier voire se blâmer, alors qu’on a, nous aussi besoin d’être bichonnées. Même avec un bout de chou malade.

    J'aime

  2. Il est trop tôt pour essayer d’analyser et comprendre, se projeter et agir en conséquence. Il y a un temps pour tout et avant la colère et le deuil, il y a cet énorme et incommensurable chagrin à surmonter. J’aimerais tellement te l’enlever, te soulager… personne ne devrait vivre ça…
    A ta petite étoile, à tes deux miracles et surtout à toi…. ❤️😘

    Aimé par 1 personne

    • Merci belles fanes, je suis comme toujours brouillon et je passe d une émotion a l autre. Aujourd’hui il y avait aussi la colère de vivre la possibilité d un enfant pour rien, ou pour retour à la case « je voudrais peut-être un enfant de mes gènes », alors que le sujet était clos. Le chagrin me permet de poser des questions qui me paraîtraient inabordables en temps normal, à moi et à l homme. Notre bon docteur a sa place aussi dans le processus. Je t embrasse fort…

      J'aime

      • Elle est tellement légitime cette question…. et je te trouve si courageuse et si clairvoyante aussi rapidement! Les si peuvent nous rendre dingue… ou quand on croit un chapitre clos, l’impossible redevient possible…
        Moi aussi je t’embrasse bien fort ❤️

        J'aime

  3. Je suis vraiment désolée – la vie est décidément sacrément injuste. Cet enfant t’offriras en effet peut-être des réponses que tu n’aurais pas imaginées. Mais c’est une bien maigre consolation.
    Je t’embrasse fort. Prends soin de toi

    J'aime

    • Merci Kaymet, je me félicite parfois d avoir eu un test positif pour la première fois sur un retard de règles, puis je trouve que c est cher payé et l issue absurde.
      Merci de m avoir un peu plus raconté tes origines, sacrée histoire que celle d une famille exilée. Tu as l air d avoir réussi la synthèse, être née ici sans te couper de tes origines…

      Aimé par 1 personne

    • Merci la miss, période sombre c est bien ça, double bronchiolite diagnostiquée ce matin, 3e semaine sans crèche du coup pour mes petites malades. Mais celle qui était montée à 40 va légèrement mieux, ça me met quand même à cran… j adore l expression « faut pas pousser mémé dans les orties ».
      Je t embrasse!

      J'aime

  4. Oh non Anabelle, quelle odieuse nouvelle… Je partage ta peine, même si je n’ai jamais connu ça. J’espère que ce sera le plus rapide possible physiquement, parce que ce sera certainement plus long au niveau psychique. Sale DNLP…
    Concernant la contraception, je ne peux malheureusement pas t’aider, zéro risque ici puisque c’est la traversée du désert depuis la naissance de Zébulette…
    J’ai malheureusement très peu d’énergie à te communiquer en ce moment, mais mon coeur meurtri a encore assez de place pour penser à toi et te soutenir dans cette fichue épreuve. Je suis là si tu as envie de parler. Je t’embrasse fort.

    J'aime

    • Merci Fortuna, comme tu dis, sale dnlp! Tu as peut-être très peu d énergie mais te voilà et ça me touche beaucoup. Aujourd’hui j ai réalisé que les moments doux qui me font du bien ce sont les tétées, pas toutes peut-être mais souvent, et ce sont des moments de calme même si elles gigotent. Pour suivre un de nos fils rouges… je t embrasse fort!
      Si le cœur t en dit et si tu as le temps, une photo de Zebulette (je peux troquer avec une photo des miennes) ne serait pas de refus.

      Aimé par 1 personne

  5. Sincèrement désolé pour cette nouvelle… Presque la même ici il y a deux mois. Un début de grossesse miracle, envolée presque aussitôt. Pile pour le premier anniversaire de notre fils. Tout ça pour dire que je comprends tout ce que cela peux soulever. Même si mon fils n’est pas issu du don, je me suis aussi poser certaines questions, je me suis tout de suite demandée si je n’allais pas accorder plus d’importance à ce bébé miracle qu’à notre bébé éprouvette.
    Concernant la contraception, la question ne se pose pas puisque nous désirons ce deuxième enfant.
    Prends bien soin de toi, je suppose qu’à ce moment précis, peu de mots ne sauraient t’apaiser. Un gros calins et plein de courage à toi 😘

    J'aime

  6. Anabelle, à la lecture de ton article j’ai le sentiment que nous nous sommes rencontrées, et tes écrits précédents ne font que confirmer. Vendredi, si tu as cherché à rassurer un couple fatigué avec deux crevettes endormies dans sa poussette double, croisé dans un long couloir, c’était moi. Avant que tu nous abordes, je t’ai vue et observée avec tes filles, et je suis triste de lire ton post aujourd’hui. Tu m’as parue si épanouie et forte, tes paroles m’ont rassurée, alors merci. Désolée si je me trompe en tout cas.
    Pour la contraception, je suis confrontée à ce sujet aujourd’hui, après avoir envoyé balader les sage-femmes à l’hopital qui souhaitaient savoir ce que j’envisageais. Je pense que je fais un blocage, je n’arrive toujours pas à envisager de prendre quoique ce soit, bien que je ne veuille pas d’autre enfant.
    Je te souhaite beaucoup de courage pour surmonter cette fausse couche et dans le cheminement intellectuel que tu souhaites entamer.
    Je t’embrasse.

    J'aime

    • Ouh la la… ton message me touche beaucoup, oui, nous nous sommes donc vues vendredi. Comment as-tu fait le rapprochement? L allaitement? Si tu savais comme j en ai gros sur le cœur après l hôpital! J ai eu l’occasion de le dire à un médecin qui m a appelée ce matin pour me demander mon rhésus. Je lui ai raconté l interne qui ne voit pas l embryon puis la gyneco qui me donne la mesure de l embryon, si petit que je lui demande, sonnée, à quel terme cela devrait correspondre, ne savait pas, s est renseignée: 6 sa. Haussement d épaules quand je lui fais remarquer que je suis à 9. Elle aurait dû m annoncer ce que j étais en train de comprendre, que c était une grossesse non évolutive qui se finirait en fausse couche dans le meilleur des cas ou avec des médocs le cas échéant. Nul. 3h pour ça. Et pourtant je les aime là-bas d avoir fait naître mes filles dans de bonnes conditions…
      J ai eu la même réaction que toi quand la question de la contraception a été abordée. Et j ai fondu en larmes. Je ne suis pas bcp plus avancée aujourd’hui.
      Merci beaucoup pour ton mot et ton soutien, chacune son tour alors!, et merci de m avoir dit que tu m avais reconnue. Au plaisir d une autre rencontre dans des circonstances plus festives… ça me fera plaisir. Même si c est enfoncer une porte ouverte: la fin de la grossesse, parfois violente avec les césarienne en urgence ou autre, l apprentissage de la maternité xxl quand on est en pleine descente hormonale et vidée de ses forces, avec la privation de sommeil, proche de la pire torture qui soit (on s habitue aux nuits hachées c est déjà ça), c est dur, très dur, il faut du temps pour inverser le rapport plaisir-fatigue-stress…
      je t embrasse et n hésite pas à me mettre un mot si je peux t aider ou juste me dire comment vous allez

      J'aime

      • Une intuition qui m’a fait relire tes anciens articles. Tout collait, l’allaitement, les nuits à 2 mois, le cap des 5 mois, le portage de poussette sur quelques marches, l’âge de tes petites…
        Vendredi aux urgences, si nous avons eu le même interne, je crois que c’était le pire que j’ai eu depuis le début de ma grossesse, je veux bien croire que tu aies été « baladée ». J’espère que tu vas mieux. Je ne crois pas te compter parmi mes lectrices, mais j’ai connu ce que tu vis aujourd’hui et j’espère que tu n’es pas seule et surtout que ton homme te soutient. J’ai mis du temps à m’en remettre, et encore aujourd’hui ca reste difficile d’y penser. Ca semble tellement banal, et pourtant c’est d’une violence incroyable, physiquement et psychologiquement, je ne crois pas que l’entourage en prenne toujours la mesure.
        Ici nous continuons de prendre nos marques, j’ai toujours beaucoup de mal la nuit et pourtant mon mari reprend le travail dans quelques jours, c’est l’angoisse. Mais ces problèmes sont tellement doux par rapport à ceux d’avant… Au plaisir de te revoir aussi.
        Bises.

        J'aime

      • Je suis donc cohérente entre ma vie et mon blog! Je t ai envoyé une demande ce que je n avais pas osé lors de notre échange précédent. Je comprendrais très bien que tu préfères que je ne te lise pas. Ça va mieux, la tristesse et les questions sont là mais la partie trash n a pas duré au delà de dimanche. Et lundi quand je tenais tout juste assise, mon compagnon voulait retourner au boulot. A moi les jumelles malades! J ai dit non. Pour la 3e fois de la semaine, je n étais pas capable de m occuper des filles. J ai assuré (pendant longtemps avec les TISF!!!) pendant un an et il n avait jamais eu a prendre une journée jusque là. Ce que tu dis sur l entourage est juste, j ai eu des mots très sensibles de mes parents et c était inattendu, mais d autres ont été blessants ou absents. Mon compagnon m a déçue, il a mis son masque de macho qui veut rester dans sa routine, ne pas être trop dérangé. Il a eu l élégance d être triste pour ce possible 5e enfant dont il n a vraiment pas besoin. Je lui en veux pour le reste, les échanges absurdes sur le menu du samedi ou du rendez-vous de boulot lundi matin. Il n est pas toujours à la hauteur, l a été à la naissance des filles et jusqu’à ce que je ré-émerge de mes infections. J aurais beaucoup découvert sur moi et lui dans les conditions extrêmes de l arrivée des jumelles. C est légitime que tu redoutes d être sans ton mari, il y aura des moments durs mais tu y arriveras. C est impressionnant de se lancer, je me souviens que je bloquais sur le bain que je n avais pratiquement pas donné seule (la césarienne c est un handicap de plus), j étais lente, je n avais pas encore les automatismes, ça vient très vite, justement parce qu on est seule, ou « en charge » s il y a une aide. La TISF qui m a le plus aidée était top pour ça, elle savait quoi faire et quand mais ne m imposait rien. Ça m a bcp facilité les choses pour me sentir a l aise dans mon rôle. Et ton mari sera là quand même la nuit non? Même si tu fais une partie plus importante, il pourra aussi se lever non? Ce qui est sûr c est que tu ne peux pas ou très difficilement assurer les jours et les nuits. Organise de l aide, organise le plus possible, les doses de lait, d eau, tout ce que tu peux. Oui, on a les problèmes qu on a rêvé d avoir mais il faut quand même les affronter! Bises!

        J'aime

      • Je t’ai donné l’accès à mon blog, il est privé uniquement car j’avais peur de la possibilité d’être reconnue par une connaissance et que je sentais que ca me bloquait pour écrire.
        Pour le soutien de l’entourage au moment de la fausse couche, j’ai eu pas mal de déception aussi, c’était au début de notre parcours et ca a joué sur comment j’ai communiqué par la suite. Mon mari n’a pas été bon non plus…
        Il reprend le travail demain, oui heureusement il sera là la nuit, et le jour je vais avoir l’aide de ma mère, je vais m’en sortir il n’y a pas de raison. J’ai aussi beaucoup de mal avec le bain, je vais devoir m’y mettre. Peu à peu je me sens moins gauche avec elles, en revanche je dois avoir encore pas mal d’hormones parce que qu’est ce que je pleure !

        J'aime

  7. Oui c’est une vraie torture physique et morale. Je l’ai vécue 5 fois et chaque fois j’ai eu la sensation que ça me vidait le corps et la tête de toute vie. Alors, tu as le droit d’être en colère, car c’est violent cet espoir donné et vite repris. Les tétées c’est un bon anti dépresseur. Accroche- toi, accorde- toi des petits plaisirs pour lutter contre la chute hormonale bien réelle: une tisane au calme pendant que tes jumelles dorment? Avec un carré de chocolat !. La chaleur sur le bas ventre m’a toujours apaisée , essaye la bouillotte.
    Il faut chouchouter cette zone qui a été traumatisée.
    Et fais un rituel pour ce bébé parti trop tôt. C’est ptibichon qui m’avait conseillée de faire ça. Il a existé et a eu une existence dans votre vie quelques temps. Ça t’aidera peut être à en faire le deuil.
    Plein de courage.
    Les femmes sont des Warriors. De gros bisous.

    Aimé par 1 personne

  8. Je suis désolée de lire ça… tant de souffrance après tant d’espoir…
    Il n’y a pas de mot assez fort pour essayer d’alléger ta peine.
    Je te fais de gros bisous et pense très fort à toi.

    J'aime

  9. ma chère Anabelle, je suis désolée de ce sale coup du sort, quelle cruauté… Je t’envoie tout mon réconfort pour faire face à ce deuil et j’espère que tu as l’occasion de te chouchouter et de te poser un peu. Je t’embrasse fort.

    J'aime

  10. Bonjour je n’ai jamais eu d accroche d’embryon donc je connaît rien aux fausses couches. Je connais les échecs de pma et l’endometriose par contre, stade 3 pour moi.
    Concernant la contraception je me suis resolue à prendre une pilule en continue pour stabiliser la maladie et celle ci a été acceptée lorsque j’ai fait le deuil de la grossesse, d’un enfant biologique.
    C’est sans aucun état d âme que je l’avale car j’ai choisi au fur et à mesure des échecs de privilégier ma santé.
    Mon bébé dort difficilement aussi en ce moment. Il est arrivé par adoption en 2016 du haut de ses 3 mois. Il passe aussi des moments compliqués entre les dents et son immunité. J’entends que ce sont des étapes en tant que parents. Sur les liens sur la question des gênes mon petit garçon a été une évidence en quelques jours. Au delà des cellules chromosomiques, des échanges avec l’endometre pour moi être maman c’est plus que de la biologie.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s